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Critiques rédigées par Annick

 

Lettres de pluie (Steve Sem-Sandberg)

note: 3Presqu’un polar Annick - 31 octobre 2019

Un homme revient sur l’île où il a grandi, en apprenant la mort de celui qui l’a élevé, lui et sa sœur. Cet homme était un alcoolique qui a eu la responsabilité des enfants par hasard, puisque les parents de ceux-ci les avaient laissés en garde chez lui et ne sont jamais revenus.
L’enquête du héros va le mener à découvrir qui étaient ses parents. Si la quête est un peu trop longue, l’intrigue est palpitante et la chute digne des meilleurs romans policiers.

77 (Marin FOUQUÉ)

note: 5Premier roman petit mais costaud Annick - 31 octobre 2019

Comme tous les matins dans un abribus en béton dans le 77, ils sont plusieurs à attendre le car scolaire : la fille Novembre, Enzo le Traître, le grand Kévin, les jumeaux et lui.
Mais ce matin, il va prendre une grande décision, il ne monte pas dans le bus. Sa journée, il va la passer là dans l’abribus entourés de champs marron de terre, pendant plusieurs semaines. Nous allons faire sa connaissance en l’écoutant évoquer son quotidien, sa vie avec ses amis quand ils étaient encore ses amis, ses voisins, les habitants du village, et sa famille dont on ignorera tout jusqu’à la fin puisque chaque fois que le sujet est abordé, la phrase s’arrête. Nous découvrons la campagne du sept-sept aujourd’hui vue par un ado, les humiliations qu’il subit sans que l’on comprenne pourquoi, sa grande souffrance. Explication à la fin, tel un uppercut.
Ce premier roman est un coup de poing salutaire dans nos idées reçues.

L'imprudence (Loo Hui Phang)

note: 4Famille et construction de soi Annick - 23 octobre 2019

L’héroïne, vietnamienne née au Laos, est arrivée en France à l’âge de 1 an, son grand frère en avait 11. Il a des souvenirs de son pays, pas elle. À la mort de leur grand-mère, vingt ans plus tard, ils retournent au Laos pour la cérémonie. Pendant ce séjour, elle et son frère, ont du mal à gérer la relation familiale. Chacun est confronté aux différences de mœurs, d’éducation et de culture. Le frère aîné brisé par l'exil, ne sait quoi faire de sa vie. La jeune femme, en renouant avec son grand-père, réapprend ce qu'elle est, comprend d'où elle vient, notamment en rencontrant son double : une fille de son âge qui lui fait découvrir sa vie quotidienne, celle qu’elle aurait eu sans l’émigration.
Un premier roman audacieux, sensuel et délicat. La grande liberté sexuelle de la jeune fille trouve tout son sens à la fin et révèle le corps comme seul territoire de liberté personnelle.

Nouvel an (Juli Zeh)

note: 4Thriller psychologique Annick - 21 octobre 2019

Un couple et ses 2 enfants partent sur le coup de tête du mari, passer les vacances de fin d’année à Lanzarote. Le couple ne va pas bien, et le mari souffre de violentes crises d’angoisse. Le matin du 1er janvier, le mari décide de partir faire une ascension difficile à vélo. Il arrive au sommet complètement épuisé. Il n’en peut plus mais il est attiré de façon inexplicable par un chemin de terre qui aboutit à une maison isolée. Devant cette maison, des images incontrôlables l’envahissent et nous plongeons avec lui dans son passé de petit garçon. Il va revivre un horrible traumatisme d'enfance qu’il avait oublié. Ces souvenirs seront une véritable catharsis pour cet homme qui reviendra changé à jamais.

Ceux qui partent (Jeanne Benameur)

note: 5Ode lumineuse à l'émigration/immigration Annick - 21 octobre 2019

En 1910 un paquebot débarque ses passagers à Ellis Island. Ils sont retenus sur l’île avant de savoir s’ils sont acceptés ou non dans le pays.
Une fraternité s’établit entre ces déracinés dont les langues et vêtements sont si différents, mais rassemblés par le triste accueil qui leur est réservé.
Nous faisons connaissance avec Emilia, jeune fille italienne de bonne famille qui arrive avec son père, acteur de théâtre pour fuir le douloureux souvenir de la mort de sa mère. Nous rencontrons aussi Esther, une jeune femme qui a voyagé seule, toute sa famille arménienne ayant été exterminée (Adana) elle n’a plus rien à perdre. Puis un groupe de bohémiens dont Gabor le violoniste.
Sur le continent, nous rencontrerons la famille d’Andrew, qui apprécie peu ces étrangers qui débarquent. Andrew lui, est présent à chaque accostage du paquebot pour saisir avec son appareil photo le visage et les expressions de ces immigrants. Il comprendra petit à petit que ce qui l’attire chez ces étrangers, c’est sa propre histoire.
Hymne à l’humanité migrante, celle qui qui fuit l’horreur ou qui part à la recherche du bonheur, qui est prête à s’adapter. C’est aussi un hymne aux racines familiales ainsi qu’à la langue maternelle nécessaires pour se construire. Hymne parce que l’écriture de Jeanne Benameur n’est que poésie et grandeur d’âme. Et elle sait de quoi elle parle.

La Fracture (Nina Allan)

note: 3Entre roman noir, polar et SF Annick - 21 octobre 2019

Une jeune fille, Julie, disparaît. On ne la retrouve pas.
Longtemps après que la police ait arrêté les recherches, son père persuadé qu'elle est toujours vivante, continue à explorer toutes les pistes possibles, alors que la mère et la petite sœur Séléna souffrent et se résignent.
Puis un soir, 20 ans plus tard, Julie appelle sa sœur, elles se rencontrent. Séléna se demande si elle reconnaît vraiment sa sœur ou si elle croit la reconnaître.
Celle-ci ne donne pas d’explication sur sa disparition. Elle fait des mystères.
Là, le roman va prendre des accents de roman noir, puis de science-fiction, d’onirisme. Et il faut vraiment se laisser aller car l’auteur nous surprend, nous fait découvrir un univers hors norme, déconcertant.

Quand est-ce qu'on biaise ? (Thomas C. Durand)

note: 5On est tous biaisés Annick - 13 août 2019

Savez-vous que l’intelligence n’a rien avoir avec les croyances les plus bizarres ? C’est de la faute de nos biais cognitifs. D’où l’importance de pratiquer la zététique : l’art du doute. Mais on n’aime pas ça, douter de ce que l’on croit savoir. Heureusement ce livre va nous y aider avec un humour décapant et des explications scientifiques passionnantes et accessibles à tous, notamment sur notre cerveau et ses réflexes. C’est pourquoi il faut douter, pour prendre le temps de réfléchir aux raisons qui nous font penser une chose plutôt qu’une autre et ainsi éviter les idées fausses et les manipulations. Nous apprendrons aussi la façon d’échanger des idées avec quelqu’un qui ne pense pas comme nous, sans finir par s’énerver. Pensez à vos repas de famille et offrez ce livre !

Notre ailleurs (Rasha Khayat)

note: 4Double-culture et nostalgie Annick - 6 août 2019

Basil et Layla sont frère et sœur, issus de l’union entre une allemande et un saoudien venu faire ses études en Allemagne. Ils grandissent en Allemagne et sont très proches jusqu’au départ de Layla qui retourne dans "son" pays. Mais quel est leur pays ? D’où sont-ils ? Quelles sont leurs racines ? Leur culture ?
Entre souvenirs d’enfance et l’actualité du mariage de Layla en Arabie Saoudite avec un saoudien, Basil nous fait partager son incompréhension de l’attitude de sa sœur. Puis viennent les explications de celle-ci, enfin heureuse, qui justifie son choix de vie : trouver la sérénité.
Beau premier roman, qui soulève les questions éternelles de la double culture et qui montre qu’il ne suffit pas de s’intégrer, encore faut-il être intégré par les autres.

Après la mer (Alexandre Feraga)

note: 510 ans et déjà la fin de l'enfance Annick - 11 juin 2019

Alexandre rentre de l’école. Ça y est, c’est les vacances ! Devant chez lui la voiture est chargée, son père qui ne lui adresse jamais la parole, lui ordonne d’aller prendre une douche et de se préparer. Puis ils montent tous les deux dans la voiture, laissant la mère et les autres enfants à la maison. Où vont-ils ? Pourquoi lui et pas les autres enfants ? Pourquoi une des premières phrases prononcées par son père est : je suis arabe ?
Beaucoup de questions dans la tête de cet enfant car son père ne parle pas et répond aux questions par des aphorismes culpabilisants comme « si ce que tu dis n’est pas plus beau que le silence, alors tais-toi ! ».
Depuis toujours, Alexandre quête un regard, un intérêt quelconque dans les yeux de cet homme, en vain. Aussi, décide-t-il de voir le côté positif de ce voyage vers l’inconnu, il a son père pour lui tout seul. Un enfant attend toujours de l’amour de son père ou de sa mère, et quand il n’en reçoit pas, il trouve des raisons, des explications, et continue à espérer. Jusqu’au jour où il comprend, et ce jour-là, l’enfance est finie.
Sur fond d’immigration et de traditions familiales à respecter, c’est une histoire universelle de relation parents/enfant et de ses conséquences.
Roman poignant, dans une écriture tout en finesse pour évoquer les pensées et les cogitations d’Alexandre.

La plus précieuse des marchandises (Jean-Claude Grumberg)

note: 4Un conte … vrai ? Annick - 16 mai 2019

Dans ce conte il y a un bûcheron et une bûcheronne. Ils ne peuvent pas avoir d’enfant. Comme nous sommes dans un conte, il leur en tombe un du ciel, enfin… d’un train de marchandises. Il y a des méchants, des gentils, des épreuves, un héros avec une chèvre, et une jolie fin. Normal, c’est un conte.
Une précision : cette histoire se situe en 1943 dans une forêt de Pologne traversée régulièrement par des convois …de marchandises.
Parabole lumineuse et touchante autour des convois de la mort.

Nanofictions (Patrick Baud)

note: 4Nano fictions pour Giga effets Annick - 10 avril 2019

Ce sont des mini nouvelles et pour cause, elles furent diffusées à l’origine sur twitter avec un maximum de 280 caractères. On n’a pas le temps de réfléchir, on est à peine rentrés dans l’histoire que très rapidement vlan, boum, paf ! On tombe : ça s’appelle la chute ! On découvre que plus une histoire est courte plus la chute est rude. On n’a pas le temps de rentrer dans le récit qu’on en ressort, on laisse juste un temps au cerveau pour analyser le concentré que l’on vient d’avaler en quelque secondes, et vient enfin l’émotion que seule une vraie chute peut donner. Et sans plus attendre, on se précipite déjà sur le texte suivant …
Outre l’exercice de style qui laisse admiratif, toutes ces petites nouvelles nous marquent d’une empreinte émotionnelle très forte. À déguster sans modération…

Coeur de bois (Henri Meunier)

note: 5Le petit chaperon rouge ... pour adulte Annick - 24 septembre 2018

Dans cet album en noir et rouge, tout est affaire d'interprétation. Une jeune femme en voiture rouge, une forêt, un loup. Les années ont passé et elle revient régulièrement sur les lieux du drame, celui que l'on n'ose deviner. Elle ne pardonne pas, ne demande pas d'excuses. Elle vient juste (se) montrer qu'elle est en vie et qu'elle a la force de regarder son bourreau sans haine. Une belle leçon sur la résilience, portée par des illustrations pleine page, à la fois douces et sombres. Magistral !
à partir de 15 ans.

Barbe Blue (Camille de Cussac)

note: 4Conte détourné à écouter Annick - 9 février 2018

C'est l'histoire d'un barbe bleue qui habite Montréal aujourd'hui, racontée avec l'accent québécois et les expressions locales. Notre homme possède des "chars luxueux" et l'une des filles de sa voisine est tellement jolie qu'on dirait "Lady Di" … et la sœur s'appelle Céline. Des références pleines d'humour et pour finir, un petit cours de langue. Apprenez l'accent et les définitions de "voir quelqu'un dans sa soupe" ou "être belette".
Si cette façon de vous instruire sur les pays francophones vous convient, écoutez aussi LE PETIT CHAPERON BELGE, de la même veine, avec l'accent et le cours de prononciation : savoir prononcer "baraque à frites" n'est pas si facile. Jubilatoire !

Un gorille (Anthony Browne)

note: 5Singes, mes frères Annick - 9 novembre 2017

Dans cet album grand format, les nombres de 1 à 10 sont illustrés par dix races de singes différentes. Ces animaux qu'Anthony Browne affectionne tout particulièrement, sont représentés avec des yeux emplis d'émotion et des regards bouleversant de réalisme.
On ne peut rester indifférent devant cette très belle œuvre qui se termine par une chute inattendue… et humaniste.

Course épique (Marie Dorléans)

note: 4La chevauchée fantastique Annick - 9 novembre 2017

C'est une course hippique épique qui se déroule sous nos yeux ébahis, magistralement illustrée par Marie Dorléans. C'est bien une course de chevaux… enfin presque, il y a bien des cavaliers, et il y a bien une ligne d'arrivée.
Mais il y a aussi, entre autre, un âne et une statue équestre, des jockeys tricheurs ou voltigeurs, un carambolage jubilatoire, et bien sûr à l'arrivée un gagnant !
Le format "à l'italienne" de l'ouvrage permet de suivre la course sur 70 cm de large, et dévoile de multiples et drolatiques détails. Les illustrations fines et élégantes sont d'autant plus espiègles.
Pour les férus d'hippodrome … et d'humour.
À partir de 5 ans

Maman ours (Ryan T. Higgins)

note: 4Dramatique erreur d'identité ! Annick - 7 mars 2017

Un ours grincheux aime peu de choses dans la vie sinon la bonne chère. Fin gourmet, il apprécie particulièrement les œufs cuisinés selon des recettes raffinées, avec une préférence pour les produits bio et locaux.
Un jour, trois œufs vont éclore pendant la cuisson et déclencher un drame pour notre ours, et de véritables réjouissances pour le lecteur. Pendant que l'ours cherche des solutions pour : les manger quand même, essayer de les retourner au fournisseur, les chasser, etc., nos oisillons l'ont définitivement reconnu comme leur maman chérie.
Les quiproquos, le texte à l'humour ravageur et rempli de références, les dessins (la barre au-dessus des yeux de l'ours qui le rend vraiment ronchon, les oisillons qui ne sont pas "mignons"…) : tout concourt à notre jubilation jusqu'à la chute finale.
Attention toutefois de penser à le lire aussi aux enfants !

Le temps des Marguerite (Vincent Cuvellier)

note: 5À lire entre générations Annick - 19 janvier 2017

Elles ont en commun leur prénom Marguerite, leur âge 12 ans et leur maison … mais l'une y habite en 2010, l'autre en 1910. Par le hasard d'une fouille au grenier (de la même maison) elles vont changer d'époque et vivre ce que vit l'autre.
Il y a des moments humoristiques, lorsque Marguerite de 2010 dit qu'elle habite rue Jean Jaurès ou lorsque Marguerite de 1910 reçoit un téléphone portable, il y a aussi des passages plus tendus, notamment autour de l'éducation des enfants, de la guerre qui se profile…
À la fois jubilatoire et mélancolique, cet album s'adresse tout particulièrement aux adultes, comme le précédent du même auteur qui s'intitulait "les socquettes blanches".

Plus haut que la mer (Francesca Melandri)

note: 5Huis-clos salutaire Annick - 15 octobre 2015

Paolo va voir son fils en prison. Luisa va voir son mari. La prison est sur une île.
Suite à un enchaînement de circonstances, Paolo et Luisa ne pourront pas reprendre le bateau à la fin de la journée pour quitter l'île. Ils vont être obligés de dormir sur place, et comme rien n'est prévu dans ce cas extrême, ils vont devoir passer la nuit sous la surveillance de Pierfrancesco, un jeune "maton" marié et père de famille, qui vit sur l'île.
Là, en quelques heures, les non-dits, les émotions cachées ou non verbalisées vont sortir du silence, notamment grâce à l'intelligence de cœur, au naturel et à la simplicité de Luisa. Chacun des trois personnages pourra enfin regarder en face les épreuves qu'il a traversées, penser à ce qu'il est devenu, et comprendre pourquoi il en est arrivé là.
Tous les trois en sortiront changés. Le lecteur aussi.

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